Reproduction abrégée…

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (1 votes, moyenne: 5 sur 5 vote(s))
Loading ... Loading …

LogoDans notre dossier sur la reproduction des crevettes, nous n’avions jusque là abordé que 2 modes de reproduction, correspondant aux méthodes utilisées par les crevettes qui agrémentent le plus souvent les bacs des aquariophiles amateurs de crustacés :

  • La reproduction primitive, dite méthode à développement indirect est principalement illustrée dans nos bacs par Caridina multidentata (ex. Caridina japonica). Elle se caractérise par différents stades larvaires en eau saumâtre, avant que les spécimens sortant des oeufs ne deviennent des crevettes d’eau douce.

  • La méthode spécialisée ou à développement direct est particulièrement plébicitée, car elle permet de reproduire des espèces avec un cycle de développement totalement réalisé en eau douce. Il n’y a pas de stade larvaire. L’espèce la plus représentative est sûrement la Red Cherry (ou Neocaridina heteropoda heteropoda var. Red).

La liste des espèces citées ici n’est évidemment pas exhaustive, et vous trouverez le détail des méthodes de reproduction de chacune des espèces dans nos fiches de description.

Il existe néanmoins une troisième méthode de reproduction, sorte d’hybride des 2 précédentes, présentant un passage par un ou plusieurs stades larvaires (mais souvent un nombre limité), sans pour autant passer un développement en eau saumâtre. On parlera de méthode abrégée, ou à développement semi-direct. Un des exemples les plus connus est une crevette courante dans les rivières et canaux français : Atyaephyra desmaresti.

On pourra donc, si les conditions s’y prêtent reproduire ces crevettes, et éventuellement observer les différents stades larvaires, sans pour autant devoir mettre en route une batterie de reproduction en eau saumâtre. Quelques autres espèces, plus exotiques, utilisent cette méthode de reproduction, comme Macrobrachium dayanum ou Macrobrachium eriocheirum. Plus près des espèces classiques en aquariophilie, on pourra aussi citer la tristement célèbre “crevette de verre” (Macrobrachium lanchesteri).

Complément d’information

Pour évoquer les différences entre les méthodes de développement, il est parfois fait référence aux travaux de thèse de E. Sollaud, datant de 1923. L’auteur classifie le développement des crevettes de la façon suivante :

“type” du géniteur Taille des oeufs Nbre d’oeufs Nbre de stades larvaires Type d’eau
Microgenitor type
méthode longue
Inf. à 1mm beaucoup 5 stades larvaires ou plus eau saumâtre ou salée
Macrogenitor type
méthode partiellement abrégée
Sup. à 1mm peu 3 stades larvaires eau douce
Mesogenitor type
méthode totalement abrégée
Sup. à 1mm peu 1 stade post-larvaire eau douce

Ces données ont sûrement été revues depuis, et j’ai finalement trouvé un exemple parlant, mais par forcément dans le sens où je l’attendais. Il infirme en effet ce tableau.

D’après la littérature, Atyaephyra desmaresti, classée dans les espèces à développement semi-direct, présente une succession de 6 stades larvaires (et 2 stades post-larvaires), au même titre que Caridina gracilirostris (un seul stade post-larvaire), classée dans les espèces à développement indirect.

Je n’ai pas (encore) pris la peine de chercher plus loin, mais je suis persuadé qu’on pourrait trouver des espèces dont le développement est indirect, et qui passent par moins de stades larvaires que Atyaephyrea desmaresti.

La clé n’est donc pas tant dans le nombre de stades larvaires, mais plutôt dans la combinaison taille/nombre des oeufs et eau nécessaire au développement (douce ou saumâtre/salée).


Références :

  •   L’embryogénie des Crustacés Décapodes de la sous-famille des Palaeraoninae, SOLLAUD E. , 1923. Bull. Biol. Fr et Belg. , suppl. 5.
  • Süßwassergarnelen aus aller Welt (2e édition), Werner Klotz & Andreas Karge (bibliographie)

Poster un commentaire