Chasse à la crevette

Samedi 12 juin 2010, Tipic, Zeck et moi même avons réussi à organiser une petite sortie dont l’objectif est simple, “Chasser la crevette”!

Après le premier défi d’organisation qui consistait à trouver une date pour que les Choletais et le Parisien puissent se retrouver, nous nous sommes réunis avec nos familles respectives à la Tranche-sur-mer. Le week-end allait se découper en deux temps:

1- Chasse de crevettes d’eau douce : Atyaephyra desmaresti et Palaemonetes sp.

2- Chasse de crevettes de bord de mer: Palaemon elegans , Hippolyte sp., Athanas nitescens, Crangon crangon

Le matériel que nous utilisons est simple au possible: un sceau (pour le stockage sur le lieu de pêche), une épuisette, des bidons pour transporter de l’eau, des sacs à poisson pour le transport du vivant, et c’est tout !

Jour 1: Chasse à la crevette d’eau douce.

Notre premier objectif fut de trouver de la crevette d’eau douce et plus particulièrement Atyaephyra desmaresti. Pour ce faire, nous nous rendîmes sur un lieu déjà exploité l’année précédente par Tipic et Zeck. Atyaephyra desmaresti se trouve généralement dans des eaux calmes, cachées dans les enchevêtrements de racines. Nous nous somme donc rendu sur ce cours d’eau:

La végétation n’y était pas très dense et les postes de pêches étaient rapidement identifiables. Nous avons ainsi essayé à plusieurs reprises de chercher cette si jolie crevette près des racines d’iris. Après une bonne demi-heure de pêche et des prospections souvent “limites” (si pied avancé de 2 cm de plus alors, fond de l’eau), nous avons réussi à pêcher un sandre (5 cm et remis à l’eau) de l’alevin (remis à l’eau également) mais aucunes crevettes. Grosse déception sur ce coup, mais ce n’est que partie remise.

 


Non découragé par cette non réussite, nous avons continué notre périple vers un autre lieu préalablement relevé.

La particularité de ces canaux est d’être très proches de la mer. Nous rencontrons alors une eau saumâtre, TRES riche en vie, trop peut être…. La principale problématique a justement été cette richesse. Des gammares, encore des gammares, des gammares de 2cm de long, et encore des gammares . Pas évident de faire le tri. Notre prospections s’est faite du bout des canaux, relativement riches en plantes sortant de l’eau, vers les zones plus profondes, toutes aussi riches en plantes, mais celles-ci restant immergées. Au bout d’une dizaine de minutes de raclage de rives et de brassage de fond, premier plaisir, la sortie de petites juvéniles, vraisemblablement des Palaemonetes sp.. La faible taille de ces spécimens nous a poussé à les relâcher, mais en tout cas, cela signifie qu’il doit y avoir des spécimens adulte dans le coin. Touille, fouille, brasse, touille, fouille, brasse, et c’est avec plaisir que Zeck nous sort notre premier adulte ! Joie ! Enfin quelque chose de sérieux ! Au fur et à mesure de notre avancement dans le canal, les prises se faisaient plus fréquentes. A priori, nous avons affaire à Palaemonetes varians . Arrivé près de la fin du bras du petit canal, grosse surprise, nous tombons sur un “coin” à femelles. Comment savons nous que ce sont des femelles ??? et bien tout simplement parce qu’elles sont grainées !!! Bon, bientôt 18h30… les madames doivent nous attendre… nous nous forçons donc à retourner au bercail. Prélèvement d’eau et mise en sac des plus jolis spécimens et zou, retour à la base avancée.

 

Il est important à mon goût de noter que, malgré notre plaisir à pêcher, nous avons essayer de ne pas “labourer” le canal. Prélever des spécimens pour l’étude, ok, mais uniquement dans le respect de dame nature. Nous avons donc remis systématiquement les plantes dans l’eau. C’est tout bête, mais ça permettra aux autres bestioles de continuer à vivre.

Mais si nous n’avons pas pu trouver tout ce que nous voulions, je vous laisse imaginer le plaisir que nous avons euà observer ces crevettes. Afin de faciliter le stockage, nous avions prévu des bacs de faible litrage (15 L et moins) ainsi qu’un micro bac, uniquement destiné à la prise de vue.

Histoire de clôturer tout cela, apéro, BBQ et bonne soirée entre amis !

Jour 2: Photos / Bonne surprise / Chasse de crevette d’eau de mer

Objectif de ce matin, la pêche de crevettes des côtes. Même matériel que la veille et même mentalité de pêche ! Bon cela étant, avant de partir, nous avons quand même “shooté” les crevettes de la veille. Avec deux appareils photo Reflex de bonne facture à notre disposition, il aurait été quand même dommage de ne pas vous en faire profiter par quelques photos.

Surprise à l’observation, nous nous apercevons qu’une des crevettes a largué. Nous nous retrouvons alors avec tout un stock de mysis dans le bac. Là aussi, vous vous en doutez, photo, joie, discussion, etc. Quelque part, je me suis vraiment revu comme un gamin émerveillé devant une nouvelle découverte. C’est bête, c’est simple, mais il est important pour moi de garder cette capacité d’émerveillement. Par contre, essayez de vous en émerveiller loin de tous béotiens. Je crois vraiment que nos femmes n’ont pas vraiment compris pourquoi nous étions content.

Voici quelques uns des clichés que Tipic et moi même avons pu faire.

Bon c’est pas le tout, mais il est 11h30 et la mer est basse, il ne faut pas tarder. On prend le matériel et zou à la plage avec la famille.

Arrivée sur place, la mer est correctement retirée, il y a plein de trous d’eau avec des algues, la pêche promet d’être bonne. Zeck étant parfaitement dans son élément, il ne lui a pas fallu longtemps pour nous sortir de l’eau des Palaemon elegans et des Crangon crangon . Palaemon elegans se pêche en passant l’épuisette de bas en haut contre les rochers riches en algues brunes couvrantes. Crangon crangon se trouve quand à elle en raclant la surface des étendus de sable. Là aussi, nous avons sorti beaucoup de crevettes de petite taille. Vraiment aucun intérêt de garder de petites crevettes. C’est trop petit pour prendre en photo, et ça ne représenterait qu’un prélèvement stupide et sans intérêt.

Cela étant, ces crevettes là ne sont pas celles que nous cherchons. Les crevettes qui nous intéressent ici sont les Athanas nitescens. La technique de pêche est là aussi très simple, mais demande un doigté différent. Il faut ainsi soulever les petits rochers et attendre que le “brouillard” de vase s’éclaircisse. Si la technique est un peu plus difficile, elle a été néanmoins payante. Grand plaisir là aussi de trouver des “crevettes pistolet”. (genre Alpheus) Cette crevette a la particularité d’avoir une pince disposant d’un dispositif qui émet une onde sonore, une sorte de “clac”, qui va étourdir, voire assommer ses proies. Sa couleur sable lui permet ainsi de se poster sous les roches en attente d’une victime. Sur ce point, nos avis divergent. Tipic pense que nous étions en présence d’une Hippolyte varians, mais avec une pince hypertrophiée. Des photos auraient pu nous aider à trancher. Deuxième bonne trouvaille, des Athanas nitescens. Cette petite crevette se trouve elle aussi très prêt des roches. Sa petite taille ne facilite rien à la capture. Il faut donc savoir se montrer patient ET observateur. Elle se confond en fait aisément avec les algues brunes. Troisième très bonne trouvaille, des Hippolyte varians. Nous avons trouvé la variante rouge. La forte densité d’algue brune nous a facilité la tâche. Ces algues sont leur lieu d’évolution favori étant donné qu’elles passent inaperçues. Après une bonne heure de pêche, dernier coup de filet et hop ! Hippolyte varians mais la variété verte ! Ca va faire de belles photos tout ça :)

Aller, retour au camp avec tout ce petit monde mis dans les sacs.

A notre retour, nous avons utilisé un dernier bac pour prendre des photos. Dans un souci de temps, nous avons mis toutes les crevettes dans le même bac. GROSSE erreur !!!

Je n’étais pas sans savoir que P. elegans était une espèce au régime alimentaire opportun, mais de là à bouffer toutes les Hippolyte et les Athanas !!!! Grosse déception sur ce coup… Au moins, ça nous aura servi de leçon, on ne recommencera pas le mélange !

Malgré cela Tipic a quand même réussi à nous faire quelques belles photos.

Dernier repas, dernières rigolades et nous voyons le week-end toucher à sa fin. Rangement du campement, retour à Cholet pour tout le monde. Arrivée pour certains, simple étapes pour les autres. Un dernier apéro (oui nous n’avons pas QUE pêché), un dernier repas et chacun rentra chez soit faire les acclimatations. On verra ce que ça va donner par la suite !

En tout cas, une chose est sur, on recommencera, c’était trop bon :)

Une réponse to “Chasse à la crevette”

  1. Tipic dit:

    Je reviens sur le passage concernant l’Alpheus. Je pense qu’on ne c’est pas bien compris avec Tarcal.
    Personnellement je pense que la crevette que vous avez identifiée comme une Alpheus sp. est pour moi une Athanas nitescens et non une Hippolyte varians comme dit dans l’article (je fais la distinction des deux ;-) ) et qu’elle avait simplement une coloration différente. D’où ma remarque sur le fait de la nécessité de parler ou non de l’attribut caractéristique qu’on les Alpheus sp. Sauf dans le cas ou Athanas nitescens possède la transformation des pinces pour créer une détonation et ou que vous ayez raison sur l’identification et qu’il y ait des crevettes du nom de genre Alpheus sp. sur nos côtes.

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