Atyaephyra desmaresti versus Palaemonetes varians
Atyaephyra desmaresti (Crevette Palomète) versus Palaemonetes varians (Crevette des marais)
Ces deux crevettes indigènes sont rencontrées dans nos contrées, et pourtant beaucoup d’entre-nous ignore l’existence de la Palaemonetes varians . En effet, les aquariophiles connaissent d’avantage l’Atyaephyra desmaresti avec les différentes présentations réalisées sur les sites spécialisés en crustacés ou sur certains sites VPCistes d’outre Rhin qui les vendent. Avec une morphologie différente, ces deux crevettes peuvent être pêchées dans les mêmes eaux et font parfois l’objet de confusion. L’identification au premier regard n’est pas toujours évidente, et il est nécessaire de prendre le temps de les observer avec un peu plus d’attention. Cet article à pour but de vous présenter quelques clés d’identification permettant de différencier ces deux espèces.
Toutefois, attention aux identifications hâtives de la crevette Palaemonetes varians car il y a d’autres Palaemonidae qui vivent dans nos estuaires et marais bordant la côte, et qui présentent une morphologie très proche. En l’occurrence, nous pouvons citer Palaemon macrodactylus Rathbun, 1902 originaire initialement d’Asie et plus précisément du Japon, de la Corée et de la Chine (Kubo 1942, Rathbun 1902). Elle a été inventoriée pour la première fois en France suite à des travaux menés durant l’été 2006 dans l’estuaire de la Gironde (Mélanie Beguer, Michel Girardin et Philippe Boët, 2006). Les scientifiques n’excluent pas les possibilités que l’aire de répartition de cette Palaemon se soit étendue à l’heure actuelle à d’autres régions. D’autres crevettes du genre Palaemon peuvent être rencontrées dans les estuaires, telles que Palaemon serratus, Palaemon elegans, Palaemon adspersus et Palaemon longirostris. L’écologie de ces espèces varie sensiblement, certaines d’entre elles remontent d’avantage le cours des rivières et fleuves, ce qui permet d’effectuer une première identification. Toutefois, l’étude morphologique est indispensable pour assurer une identification sérieuse.
Le tableau ci-dessous récapitule quelques points permettant de distinguer Atyaephyra desmaresti de Palaemonetes varians .
| Critères/Espèces | Atyaephyra desmaresti | Palaemonetes varians |
| Taille adulte | Mâle 2 cm - Femelle 3 cm |
Mâle 2.5 cm - Femelle 4-5 cm |
| Forme générale | Plutôt longiforme | Céphalothorax plus haut |
| Couleur | Mâle transparent légèrement bleuté, femelle marbrée verte à bleue Pointillés jaune brillant |
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| Rostre - dentition | Rostre fin, nombreuses petites dents. 14-36 / 1-11 (Bouvier : 17-32 / 2-10) 0.32-0.52 x 0.50-0.71 mm |
Rostre massif, dents espacées et grandes. 3-6 / 1-3 |
| Pédoncule oculaire | Court, les yeux sont plus proches du corps |
long, œil détaché du corps |
| Taille et couleur des oeufs | Marron - Taille 0.4 à 0.6 mm |
Vert - Taille 0.8 mm |
| Péréiopodes | Plus courts, 1ère et 2nde paire de pinces courtes et terminées de brosse (soie) (proche morpho. Caridina sp.) |
Plus longs, 2ème paire transformée en pince davantage développée (proche morpho. petite Macrobrachium sp.) |
Selon les observations in situ (remarques basées dans une zone type, il ne s’agit pas de conclusions générales), les Palaemonetes varians ont été rencontrées en groupe très important avec des crevettes adultes, sub-adultes et états larvaires selon la période de l’année. Directement sur le sol de nature vaseux ou en pleine eau, ces crevettes ont été rarement rencontrées dans les herbiers. Probablement parce que cette zone est plus fréquemment habitée par des jeunes Procambarus clarkii, prédateur potentiel. D’ailleurs, la fréquence de capture et d’observation chute considérablement lorsque la population de P. clarkii est importante. Rappelons aussi que les Palaemonetes sp. sont
classées parmi les crevettes nageuses (Swimming Shrimps). Atyaephyra desmaresti affectionne d’avantage les herbiers, ou les rhizomes d’Iris. Toutefois la fréquence de capture la plus intéressante était sur des renforts bordant les berges des canaux aménagés. Les deux crevettes n’ont pas été pêchées ensemble, toutefois les captures séparées ont parfois eu lieu dans des canaux reliés les uns aux autres. Les deux espèces fréquentaient donc les mêmes eaux.
En s’intéressant un peu à la biodiversité indigène, on se rend compte que finalement, il y a plusieurs espèces de crevettes dans nos régions, vivant dans des milieux naturels différents. Certes, on est loin des espèces colorées de Neocaridina et de Caridina, mais ces espèces présentent malgré tout de l’intérêt. Découvrir leur biotope et observer leur mode de vie en milieu naturel permet de mieux connaître ces animaux et de prendre conscience que certaines erreurs humaines peuvent causer de véritables désastres (tel que l’introduction de Procambarus clarkii). Les informations recueillies vous permettront peut-être d’appliquer certains de ces éléments à la maintenance de vos crevettes et poissons, mais aussi de vous donner le goût de découvrir et d’observer les espèces tropicales que vous maintenez dans leur milieu d’origine… si vous avez la chance de programmer ce type de voyage !
Liens :
- Wirbellose.de: Palaemon varians
- Crusta Fauna : Fiche Atyaephyra desmaresti
- Crusta Fauna : Fiche Palaemonetes varians
- Crustacea Macrobenthos of the North Sea : Palaemonetes varians
Références (Littérature scientifique) :
- First record of the invasive oriental shrimp Palaemon macrodactylus Rathbun, 1902 in France (Gironde Estuary), Mélanie Beguer, Michel Girardin and Philippe Boët ; Aquatic Invasions (2007) Volume 2, Issue 2: 132-136
- Méditerranée et Mer Noire Vol.1 Chapitre Les Crevettes par L.B Holthuis.
Références (Bibliographie) :
- Süßwassergarnelen aus aller Welt, Andreas Karge & Werner Klotz
- All about Shrimps, Crayfishes & Crabs in the fresh - and brackish-water aquarium and paludarium, Uwe Werner Aqualog.















