Morphologie d’une crevette

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Cet article a pour objectif de vous présenter les différents termes techniques employés à travers les documents et fiches de ce site. Grâce aux illustrations et aux photos, vous pourrez visualiser rapidement les éléments constituant le corps de nos petites protégées.


Voici une représentation générale d’une crevette, où sont détaillés les différentes parties constituant le corps. On parle aussi d’exosquelette , un terme que l’on retrouvera dans l’article sur la mue. L’exosquelette est une enveloppe extérieure rigide (cuticule) qui supporte et protège l’animal. Il est aussi appelé communément “carapace”. Elle est composée en grande majorité de chitine et de carbonate de calcium .

Vue de dessus Vue de dessous

Sommaire


  • Cephalothorax et Pleon

Le corps est composé de deux parties principales : le cephalothorax qui unit la tête (cephalon) avec le thorax (pereion), et l’abdomen ou pleon composé de 6 segments articulés. Le corps de la crevette se termine par la “queue”, constituée par le telson qui à une forme souvent triangulaire et qui abrite en dessous l’anus de la crevette, et l’uropode qui sert de gouvernail lors des nages en pleine eau (cf. photo sur la nage). Le mouvement brusque de l’abdomen, du telson et de l’uropode permet à la crevette de fuir en arrière à des vitesses impressionnantes. On observe aisément ce comportement sur des écrevisses en fuites.

Voici une photo du telson et de l’uropode :

 

On trouve sous l’abdomen les pléopodes (pattes natatoires) qui servent à la nage et de support pour l’incubation des oeufs chez les femelles (cf. La reproduction). Les pléopodes sont des appendices biramés qui sont composés d’une branche et de deux rameaux, dont un extérieur (exopodite) et un intérieur (endopode). [Voir fichier PDF page 10]. L’endopode et l’exopodite servent essentiellement à la nage. La première et la deuxième paire de pléopodes peuvent supporter les appendices génitaux des mâles (selon les espèces). Seule la comparaison de la taille et de la forme des endopodes au microscope permet de différencier certaines espèces, on comprend mieux la difficulté d’identification de certaines crevettes (exemple Neocaridina heteropoda heteropoda vs Neocaridina palmata bosensis). La crevette peut nager en pleine eau en battant énergiquement les pattes natatoires. Ces observations sont plus courantes en bac spécifique où les crevettes ne seront pas en danger. La crevette devient vulnérable face aux prédateurs potentiels lorsqu’elle nage en plein eau.

Voici deux photos illustrant le déplacement d’une crevette et le battement des pléopodes :

 

On se trouve maintenant au niveau du cephalothorax où sont disposés sur la partie inférieure les péréiopodes (pattes ambulatoires) qui comptent 5 paires d’où le nom de décapode (10 pieds/pattes).

Les deux premières paires de péréiopodes sont transformées en pinces (chelipèdes) ayant une taille variable selon le genre auquel nous avons à faire. Voici un exemple d’un Macrobrachium sp. et d’une Neocaridina heteropoda heteropoda var. red :

Les pinces ont plusieurs fonctions selon les espèces observées. Les crevettes s’en servent d’armes pour l’attaque ou la défense, d’outil pour décortiquer leur nourriture et d’atouts pour les parades nuptiales. Rappelons que les Macrobrachium ont des pinces très développées et que leur comportement social n’est pas toujours compatible avec de petits poissons.

Détail d'une pince

Les crevettes du nom de genre Atya spp. , Atyoida spp., Atyopsis spp. ont une particularité morphologique intéressante puisque les 2 premières paires de péréiopodes sont transformées en demie cuillère où sont disposées à leur extrémité des soies. Les crevettes les déploient en éventails pour capturer leur nourriture (micro-particules, plancton). Elles peuvent être amenées à s’en servir pour ratisser le sol si la nourriture en suspension n’est pas suffisante.

Voici les soies sur une Atyopsis moluccensis :

Les 3 paires de péréiopodes restantes servent essentiellement à la marche. Toutefois les crevettes s’en servent aussi pour l’hygiène ou pour bouger et replacer les œufs lors de l’incubation entre les pléopodes.

Il est à noter que les orifices des cavités branchiales (où se trouvent les branchies, donc) sont situées à la base des péréiopodes (voir le chapitre sur la respiration dans l’article sur l’anatomie des crevettes).

  • Maxillipèdes et mâchoires

La partie qui suit est la moins visibles sur les petits crustacés, et pourtant elle abrite un grand nombre d’appendices différents. Dans l’ordre nous avons l’orifice de la bouche, une paire de mandibules, une paire de maxillaires inférieures (mâchoires), une paire de maxillaires supérieurs et de trois paires de maxillipèdes (pattes mâchoires) [voir Fichier PDF page 7] .

 

Les crevettes possèdent deux paires d’antennules et une paire d’antennes. Les premières sont relativement courtes, tandis que les secondes sont longues et peuvent allègrement dépasser la longueur totale du crustacé.

Les antennules et les antennes font parties des organes sensorielles. Elles contribuent à l’équilibre de l’animal, à l’orientation de jour comme de nuit, à la détection de la nourriture et des prédateurs. Les antennules contiennent des cellules gustatives et d’odorats qui permettent à la crevette de repérer sa nourriture par des substances dissoutes dans l’eau. Ce sont des outils indispensables à la vie des crevettes.

 

  • L’œil

L’œil de la crevette est appelé oeil composé ou oeil à facettes. Cet œil est situé à l’extrémité du pédoncule oculaire, et il est composé de plusieurs récepteurs sensibles à la lumière, appelés des ommatidies. Le nombre de facettes varie selon les espèces, et chacune d’entre elles envoient une image formant une sorte de mosaïque panoramique, soit pratiquement 360° de vision !

Voici la photo d’un oeil à facettes :

 

 

A titre informatif : Futura science donne cette infos concernant les insectes qui possèdent aussi des yeux à facettes : “En comparaison avec l’oeil humain qui transmet au cerveau environ 24 images par seconde, un oeil à facettes transmettra au système nerveux de l’insecte 200 images par secondes”.

 

Le rostre est le prolongement de la carapace située entre les deux yeux, et ressemble à une lame (très souvent dentelée). La forme ainsi que le nombre de dents sont déterminants pour l’identification des différentes espèces.

 

- Atlas des poissons et des crustacés d’eau douce de Polynésie Française, P. keith, E. Vigneux et G. Marquet, MNHN ;
- Süßwassergarnelen aus aller Welt, Andreas Karge & Werner Klotz;
- Aqualog Special Shrimps, Crayfishes, and crabs in the freshwater aquarium, U. Werner.

  • Liens :

- Asso-etud : dissection crustacés.
- Futura-science : L’oeil et la vision des invertébrés.

5 réponses to “Morphologie d’une crevette”

  1. Crevettes » Blog Archive » Dossier morphologie d'une crevette dit:

    […] dossier a pour objectif de vous présentez les différents termes techniques employés à travers les […]

  2. Caridina sp Orange (Mandarine) | Crevettes d'eau douce dit:

    […] coté morphologie, il n’y a pas à s’y tromper - nous sommes bien en présence d’une crevette -, il […]

  3. Zeck's Blog dit:

    "Crevettes d’eau douce" change de nom !…

    Et bien voilà ! le site “Crevettes d’eau douce” trouve enfin son nom définitf!
    Aujourdh’ui, Vendredi 26 Octobre, Crusta-Fauna est né !

    En effet, à partir d’aujourd’hui, le site aura pour URL http://www.crusta-fauna.org.

    Nous allons pou…

  4. Dossier sur la reproduction des crevettes | Crusta-Fauna dit:

    […] chez la Caridina multidentata ! Ce document complète les différents thèmes abordés sur la morphologie, l’anatomie et la mue des […]

  5. Zeck's Blog dit:

    La Reproduction des crevettes…

    Voici donc le dernier article de la série ! Après la morphologie, l’anatomie et la croissance et la mue des crevettes, Tipic publie son dossier sur la reproduction des crevettes……

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